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Lancement de l’initiative de formation des prédicateurs à l’utilisation de la langue des signes à l’Organisation Mondiale des Diplômés d’al-Azhar, en coopération avec l’Académie des Recherches Islamiques.

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• Dr. Al-Dhawini : Les personnes en situation de handicap ont pleinement le droit de recevoir l’enseignement de la voie médiane d’al-Azhar en langue des signes.

• Dr. Shoman : Les personnes en situation de handicap constituent une partie essentielle du processus de développement sociétal.

• Dr. Ayyad : Les personnes en situation de handicap sont des partenaires dans la renaissance et la construction.

Les activités de l’initiative « Formation et préparation des prédicateurs et des prêcheurs à l’utilisation de la langue des signes » ont été lancées aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale de la langue des signes. À cette occasion, une plateforme de prédication destinée aux personnes sourdes a également été inaugurée, sous le patronage de Son Éminence le Grand Imam, le professeur Ahmad al-Tayeb, Cheikh d’Al-Azhar, en coopération entre l’Organisation Mondiale des Diplômés d’al-Azhar, l’Académie des Recherches Islamiques et le Conseil national pour les personnes en situation de handicap, et ce, au siège du Centre Cheikh Zayed pour l’enseignement de l’arabe aux non-arabophones.

Le professeur Mohammed Al-Dhawini, vice-recteur d’al-Azhar, a précisé que l’institution poursuit sans relâche le développement de ses moyens afin de réaliser une prédication médiane et équilibrée, conformément à une interprétation correcte du Livre d’Allah et de la Sunna de Son Messager ﷺ. Il a souligné qu’al-Azhar ne néglige jamais les nouveautés ni la réalité vécue, mais les suit de près, et que la journée d’aujourd’hui en est la meilleure preuve avec le lancement de cette initiative.

Il a ajouté que cette démarche a rencontré un grand écho auprès de cette catégorie de la société égyptienne, puisque plus de 80 prédicateurs et prédicatrices s’y sont portés volontaires. Ils représentent une énergie d’espérance renouvelée, dont nous sommes fiers. Ils ont pleinement le droit de recevoir l’enseignement de la voie médiane et modérée d’al-Azhar en langue des signes, afin de parvenir à une compréhension juste de la religion. Leur rôle s’intègre ainsi à celui de l’ensemble des composantes de la société, en les aidant à s’insérer et à exercer une influence positive au sein de la communauté.

Le professeur Abbas Shoman, secrétaire général du Conseil des grands oulémas et président de l’Organisation Mondiale des Diplômes d’Al-Azhar, a confirmé :

« La journée d’aujourd’hui représente une consécration claire du droit de relier une catégorie importante de notre société égyptienne – nos frères et sœurs en situation de handicap. Ils font partie intégrante de la société, et beaucoup d’entre eux sont utiles et productifs dans le processus de développement sociétal. Nous sommes ici pour les encourager, les soutenir et faciliter leur participation, à travers la langue des signes, à l’action de prédication. Je transmets à eux, ainsi qu’à tous ceux qui ont contribué au lancement de cette noble initiative, les salutations de Son Éminence le Grand Imam, le professeur Ahmad al-Tayeb, Cheikh d’al-Azhar, qui ne ménage aucun effort pour accueillir toutes les composantes de la société égyptienne – étudiants, enseignants et prédicateurs – afin de transmettre le message d’al-Azhar, empreint de modération et de tolérance. »

De son côté, le professeur Nazir Ayyad, Mufti de la République et membre du conseil d’administration de l’Organisation, a affirmé que l’islam a accordé une grande attention aux personnes en situation de handicap, veillant à établir des règles et des principes qui valorisent leur statut et définissent les moyens de leur intégration dans la société, tout en préservant leur dignité. Ils sont considérés comme des partenaires dans la renaissance et la construction, grâce à la garantie de leurs droits à une éducation appropriée, à la culture et au développement de leurs divers talents.

Il a en outre annoncé la participation de Dar al-Ifta’ al-Masriyyah, mobilisant toutes ses ressources pour assurer la réussite de cette initiative, aux côtés de l’ensemble des instances d’Al-Azhar impliquées ainsi que des institutions de la société civile, afin de garantir la complémentarité des rôles éducatifs, développementaux et de prédication au service de cette catégorie essentielle de la société.

Le professeur Mohammed El-Gendy, secrétaire général de l’Académie des Recherches Islamiques, a déclaré :

« La langue des signes n’est pas seulement un moyen de communication, mais un droit fondamental qui anime la vie par la volonté. Elle est une voix que l’on perçoit avec le cœur, un message que l’on déchiffre avec les yeux, une émotion qui s’exprime par un geste. Elle incarne une langue d’espérance sans cesse renouvelée, une voie vers l’élévation plutôt que vers le désespoir ou la frustration. Elle traduit les pensées et les sentiments avec une profondeur singulière. Aujourd’hui, nous nous rassemblons pour affirmer son identité et renouveler notre engagement envers une catégorie précieuse de notre société : les usagers de la langue des signes. »

Le professeur Salama Dawood, recteur de l’Université d’Al-Azhar et vice-président du conseil d’administration de l’Organisation, a pour sa part affirmé que la langue des signes est une langue universelle, comprise de toutes les nations, à la différence des langues et des dialectes qui varient. Il a, à cet égard, rappelé la parole d’Allah dans la sourate Maryam :

« Elle fit un signe vers lui. Ils dirent : “Comment pourrions-nous parler à un enfant au berceau ?” » (Coran 19:29).

Il a également cité un hadith du Prophète ﷺ, dans lequel celui-ci eut recours à la langue des signes pour renforcer la clarté de son message. Le Prophète ﷺ a dit :

« Moi et celui qui prend en charge l’orphelin serons dans le Paradis comme ceci » — et il indiqua ses deux doigts, l’index et le majeur.

Il a affirmé :

« Le lancement de cette plateforme, destinée à une catégorie essentielle de notre société, représente une initiative remarquable au service de nos enfants comme de ceux du monde entier. Celui qui s’y consacre obtient une noble récompense, dont les bienfaits s’étendent à l’ensemble de l’humanité. »

De son côté, la professeure Iman Karim, superviseure générale du Conseil national pour les personnes en situation de handicap, a souligné que la tenue de cette formation revêt aujourd’hui une signification particulière. Elle s’inscrit dans le cadre d’une coopération fructueuse avec la prestigieuse institution d’al-Azhar, représentée par l’Académie des Recherches Islamiques et l’Organisation Mondiale des Anciens d’al-Azhar, et coïncide avec la Journée mondiale de la langue des signes.

Elle a souligné que la langue des signes n’est pas seulement un outil de communication, mais un pont reliant les cœurs et les esprits. Elle traduit notre conviction que chaque individu a le droit d’être pleinement intégré au système du savoir, à la communauté religieuse et à la société, sans entraves ni discrimination.

Elle a ajouté que le rôle joué par al-Azhar à travers les âges dans la diffusion d’une pensée médiane et éclairée, et dans la lutte contre les idées extrémistes, se renforce aujourd’hui grâce à cette initiative pionnière, qui rend le discours religieux et de prédication plus inclusif et plus apte à atteindre les cœurs de tous les musulmans.

Enfin, elle a souligné l’importance de cette coopération féconde entre le Conseil national pour les personnes en situation de handicap et les institutions d’Al-Azhar. Selon elle, cette formation marque le point de départ d’une série de programmes continus destinés à doter les prédicateurs et les religieux de nouveaux outils de communication, tout en renforçant les valeurs de miséricorde, d’égalité et d’intégration sociale.

La professeure Elham Chahine, secrétaire générale adjointe de l’Académie des Recherches Islamiques pour les affaires des prédicatrices, a précisé :

« Les personnes sourdes ont longtemps souffert d’un accès restreint au contenu religieux authentique. La plupart des sermons et des cours étant dispensés uniquement à l’oral, elles ne trouvent pas de prédicateurs capables de s’exprimer dans leur langue. Cela a conduit certains à penser, à tort, que les sourds n’étaient pas concernés par les obligations religieuses. Il s’agit d’une conception erronée qu’il nous incombe de corriger. »

Elle a souligné :

« C’est dans cette optique qu’al-Azhar al-Charif a entamé, il y a près de deux ans, des démarches sérieuses pour communiquer avec cette catégorie précieuse de la société, à travers des leçons dispensées à la mosquée d’al-Azhar, des vidéos de sensibilisation en langue des signes, ainsi que des cours en ligne qui ont réuni des centaines de participants sourds en Égypte et à l’étranger. Aujourd’hui, une étape plus ambitieuse est franchie : élargir le champ d’action en formant des prédicateurs et des prédicatrices capables de maîtriser eux-mêmes la langue des signes. Il est donc nécessaire de mettre en place un projet intégré d’enseignement de la langue des signes destiné aux prédicateurs et aux prêcheuses, avec le soutien et le parrainage de Son Éminence le Grand Imam, le professeur Dr. Ahmad al-Tayeb, Cheikh d’Al-Azhar. »

Ont assisté au lancement de l’initiative :

• M. Waël Bakhit, vice-président du conseil d’administration de l’Organisation,

• Dr. Oussama El-Abd, ancien recteur de l’Université d’Al-Azhar,

• Professeur Dr. Ibrahim El-Hodhod, conseiller scientifique de l’Organisation,

• Professeur Dr. Abdel-Dayem Nassir, secrétaire général de l’Organisation et conseiller de Son Éminence le Grand Imam pour les affaires éducatives,

• Dr. Nahla El-Saidi, conseillère du Grand Imam pour les affaires des étudiants internationaux,

• M. Ahmed Abou Chouk, secrétaire général de la Fondation Arkane.

Traduit par/ Pr. Oussama Nabil

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